"C'est comme revenir à la vie"
Les deux ex-otages des Farc, Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, sont réunies avec leurs proches depuis jeudi soir. Elles ont commencé à raconter leur calvaire.
La famille d'Ingrid Betancourt s'est réjouie des deux libérations, sa fille évoquant "un formidable élan pour faire que tous les autres otages reviennent à la maison".
- le 11/01/2008 - 21h22
Les deux Colombiennes Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, libérées jeudi après plusieurs années passées aux mains de la guérilla des Farc dans la jungle, sont désormais à Caracas. Elles ont été libérées au cours d'une opération héliportée dans la jungle colombienne, organisée par la Colombie et le Venezuela en collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge, et qui a constitué une victoire personnelle pour Hugo Chavez devant laquelle ont dû s'incliner même ses adversaires politiques. Très émues, semblant en bonne forme, les ex-otages ont été accueillies par leurs familles et par de hauts responsables vénézuéliens.
"C'est comme revenir à la vie. Par moments, je pense que c'est un rêve", a lancé Consuelo Gonzalez, une ex-parlementaire de 57 ans, enlevée par la guérilla marxiste le 10 septembre 2001, en retrouvant ses filles en pleurs, Patricia et Maria Fernanda Perdomo, qui l'attendaient avec des fleurs. Elle a aussi pris dans ses bras sa petite-fille de deux ans, qu'elle ne connaissait pas.
"Quand il y a de la volonté, on peut avancer"
Clara Rojas, avocate de 44 ans, principale collaboratrice de l'ex-candidate à la présidence colombienne Ingrid Betancourt, avec qui elle avait été capturée le 23 février 2002, a elle retrouvé sa mère, Clara Gonzalez, âgée de 76 ans, et l'a serrée dans ses bras. L'avocate a affirmé jeudi, peu après sa libération, être sans nouvelles depuis trois ans d'Ingrid Betancourt, les guérilleros ayant séparé les deux femmes "pour des raisons de sécurité". Elle a ajouté que les Farc avaient remis des preuves de vie de huit otages qu'ils détiennent au ministre vénézuélien de l'Intérieur, Ramon Rodriguez Chacin.
Clara Rojas a également parlé de la naissance de son fils Emmanuel, le 16 avril 2004 par césarienne, ce qui l'a immobilisée pendant 40 jours, alors que les combats visant les Farc étaient intenses. "Cela a été très dur, mais je suis en vie pour lui et j'espère que lui aussi. Il a montré qu'il était un enfant très courageux", a-t-elle dit.
La famille d'Ingrid Betancourt s'est réjouie des deux libérations, tout comme les comités de soutien. "Je suis très émue. C'est un formidable élan pour faire que tous les autres otages, dont maman, reviennent à la maison. Cela montre que quand il y a de la volonté, on peut avancer", a déclaré par téléphone depuis New York Mélanie Delloye, la fille d'Ingrid Betancourt. Pour Fabrice Delloye, l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, "c'est un peu d'Ingrid qui sort de la jungle".
Clara Rojas retrouvera son fils Emmanuel d'ici deux semaines
Emmanuel, le petit garçon auquel l'ex-otage des Farc libérée jeudi, Clara Rojas, a donné naissance en 2004 en captivité, lui sera remis d'ici deux semaines, ont indiqué de hauts fonctionnaires du gouvernement colombien vendredi. Pour Elvira Forero, la directrice de l'Institut public du bien-être familial auquel la garde de l'enfant a été confiée, qui s'exprimait sur radio Caracol, "le processus d'adaptation d'Emmanuel à sa mère sera très facile, car il s'agit d'un enfant joyeux, heureux et tendre".
D'après agence